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Jeudi 1 janvier 2009
Le coeur qui se brise laisse des traces indélébiles, garde ses blessures, se tait silencieux, enfermé devant l'autre, il se terre en lui-même, en noircé, en noirceur, en pénombre, en nuit sombre...
Elle a crié cette semaine, son cri strident, aigu qui crevait les tympans. Un cri de peur, d'angoisse, un cri de haine, de cette haine de soi-même, que personne ne peut comprendre, personne, pas même elle !
Elle a crié si fort !!! Et personne n'a entendu, personne n'a compris, personne n'a pu prévoir, deviner, craindre, devancer... Et quand bien même ils auraient compris, ils n'auraient rien pu y faire, rien empêcher.
Aujourd'hui, elle ne sait plus, elle ne sait pas ... Elle n'a jamais su !
Rien ! Le silence en elle, le silence autour d'elle, depuis si longtemps ! Rien d'autre que ce trou béant, en son âme, aux si lointaines profondeurs de son non-être... Ce trou de rien, de vide, de quête d'absolu !!!
Une montagne d'indifférence, une montagne de haine accumulée, par elle-même, par elle seule... Une montagne de pas, de regards, de larmes retenues, de noirceurs enfouies depuis toujours, si longtemps !
Et pas de réponse ! Un cri et pas de réponse !
Ou plutôt si, trop de réponses !
Celles des autres, de ceux qui savent toujours tout à sa place !
Elle voudrait trouver ses réponses !
Son cri, si douloureux est un appel à la vie, à vivre mieux, intensément plus, à aimer, à trouver le sens de tout et d'elle même.
Laissons-la trouver sa réponse, les nôtres ne servent à rien, seule sa réponse compte... et notre amour, de toujours, aujourd'hui, comme hier, tendresse, si elle veut, pardon, présence, confiance.
Etre là !
Pour elle, qu'elle vide son noir intérieur, une fois, là, simplement, si elle veut !
Et nous, être là !
Publié par Tintin
à 2009-01-01 17:37:36
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Jeudi 1 janvier 2009
Son fauteuil et la fenêtre... son ultime horizon...
Ses jambes le portent si peu maintenant, ses yeux l'emportent au loin, bien plus loin que sa vue, par eux il imagine, il vit, il rêve, à sa vie d'autrefois (cliché) sa vie passée, aimée, regrettée, flétrie comme sa peau vieillie par les ans (re cliché !) pourtant c'est sa vie aujourd'hui,
Ses jambes ne le portent plus ou si peu, du lit à la fenêtre, et du lit au fauteuil, et puis du lit, au lit. (comme chantait Jacques Brel)
Sa vie c'est la fenêtre, rideaux ouverts, dès le matin-matinal-très-très-tôt, quoi ! Tard le soir, vers environ 17h l'hiver, la vie s'arrête quand il fait noir, on ne voit plus, on ne vit plus, monsieur, voyons !
Sa vie c'est la fenêtre, seule compensation au vide absolu qui rythme et empli ses jours depuis de si nombreuses années !
Car le vide, monsieur, le vide seul hélas remplit désormais sa vie, le vide...
et l'infirmière qui passe chaque jour, et le jeune sympa d'une entreprise de réinsertion qui lui apporte quotidiennement son repas.
Sa vie c'est tout le reste là où plus personne ne passe, ne parle... la télé à fond (parce qu'il n'entend plus vraiment bien) et la rue, ses seuls espaces de liberté, Il regarde au dehors et se laisse emporter sur les ailes blanc-cassé-salies-par-la-boue de la camionnette des ouvriers d'en face...
Sa vie maintenant, il la ressasse ou il la rêve... Il est seul.
Elle est partie depuis longtemps déjà, lui était encore jeune, si jeune, se répète-t-il sans cesse... C'est toujours trop tôt quand l'autre part...
Il se souvient... Au commencement tout est sombre mais si confortable.... La vie ça commence toujours seul dans le noir... Sa vie se termine doucement devant la fenêtre, fragile horizon, qu'un camion mal garé peut obstruer pour la journée, boucher, anéantir...
Des solitudes comme la sienne il y en a des milliers, des dizaines, autour de nous, tout près. N'y a-t-il pas un moment, un jour où les mots ne font plus tout, un jour où en parler ne suffit pas, un jour où un geste devient nécessaire, vital, pour rendre vivant, et dés-isoler, dé-solitudiser ?
Et faire que la fenêtre n'ouvre plus sur le passé-ressassé mais sur l'aujourd'hui d'une visite possible...
"S'il te plaît, dit le renard, apprivoise-moi... Je t'attendrai toute la journée et quand je verrais l'heure approcher, je reconnaîtrai ton pas"
... et alors je vivrais, enfin, de nouveau...
Publié par Tintin
à 2009-01-01 17:36:36
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Vendredi 20 juin 2003
Mercredi je revenais de Limoges (pas de Nantes !) et le voyage durait et durait, me semblait interminable. Six heures longues comme jamais de ma vie. La fatigue sans doute de ces trois jours de travail intensif, la fatigue de ces derniers temps qui sera là encore longtemps, les soucis, le climat orageux ... Et la fatigue quoi, sans doute ! Enfin !
Et me voici m'ennuyant dans ce train, coincé contre la fenêtre. Et des gens qui passent et des gens qui se garent et des gens qui s'asseoient dans ce train sans un regard, sans une pensée. Je voyais au dehors les arbres balottés par le vent, silencieux et muets et au dedans les gens silencieux et muets ballotés par le train !
Et j'étais là, tentant vainement de croiser un regard, un de ces regards banalement tournés vers le sol ou l'horizon, drôle d'horizon dans une voiture de la SNCF !!!
Tout à coup l'espoir ! Une personne, un homme, venait s'installer à côté de moi, je pouvais espérer, un instant, une conversation pour l'heure et demie restante ! Eh bien non ! Au bout de quelques instants je le vis sortir de sa poche une petite boite d'où il tira deux boules de pâte jaunâtre qu'il s'enfonçait dans les oreilles ! Et le voici qui s'endormit ! Et ce monsieur s'étallait de tout son long sur son siège et occupait soudain l'accoudoir, même de mon côté, et j'étais là coincé contre la fenêtre dans ce train au trajet interminable, comme jamais dans ma vie !
Alors un espoir, une lueur de vie me traversa l'esprit, et je me mis à penser à tous les visages de ceux que j'aime et je les vis monter avec moi dans ce train et j'imaginais leurs rires en me voyant ainsi et le trajet me sembla soudain bien plus court.
S'il faut une morale à cette histoire c'est que les gens sont bien enfermés sur eux-mêmes, quand même, quoi qu'on dise ! Et c'est aussi que la prochaine fois j'emporte des photos de ceux que j'aime, ils me tiendront compagnie dans le train !!!
Michel
Publié par Tintin
à 2003-06-20 12:52:24
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Vendredi 20 juin 2003
Bon, les activités m'ont demandé beaucoup de temps et d'énergie ces dernières semaines mais c'est bientôt fini et je vais pouvoir m'occuper de nouveau de ce blogue jusqu'en août.
Dès ce soir je m'y mets.
Promis
Michel
Publié par Tintin
à 2003-06-20 10:28:06
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Dimanche 1 juin 2003
Je voudrais juste te dire merci. A toi, à vous, permettez que je vous tutoie !
Te remercier pour tous ces jours passés ensemble, ces mots de toi tant partagés et tant donnés, ces beaux respects, ces beaux regards...
Te dire merci pour ta bonté et ta beauté, celle de ta vie, celle de ton coeur...
Te remercier d'avoir croisé ma route un jour, il y a longtemps, il y a si peu de temps, croisé et marqué une vie ordinaire, la mienne, par ta présence et ton passage, extraordinaire !
Te remercier de m'avoir ouvert tes fenêtres, tes portes, ta vie, de m'avoir partagé tes rêves, tes peurs, tes défauts, tes joies, tes projets, les plus fous, les plus audacieux, les plus tiens !
Te dire merci de m'avoir emmené avec toi visiter ta maison, ton grenier parfois, visiter tout ce que tu es, que tant et tant, si proches parfois, ne connaissent pas, ceux qui se contentent d'effleurer du regard, en passant, mais ne s'arrêtent pas.
Te remercier de m'y avoir emmené, de m'avoir emporté dans tes orages et tes tempêtes, d'avoir traversé avec toi tes cimetières, tes jardins les plus secrets, d'avoir appris de toi, en te regardant, en t'écoutant, simplement... la vie !
Te dire merci, parce qu'au delà de tes mots, de ce que tu me confies, depuis tout ce temps, depuis quelques temps, tu me fais vivant, tu me rends vivre, ivre de la vie et de l'humanité.
Te remercier pour le plus beau de tous tes cadeaux, celui qui me fait adulte aujourd'hui, celui qui me fait être chaque jour de la vie, celui qui me fait croire, celui qui me fait espérer, celui qui me murmure, rencontre après rencontre, lettre après lettre, mail après mail, que la vie a un prix infini, celui qui me rend heureux chaque matin : ta confiance !
Merci
Michel
Publié par Tintin
à 2003-06-01 16:01:24
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